>les chroniques
de dj Leekid
MANGEDELABASS I,II,III et IV
Aucun des quatre
opus de ce label-collectif issu de la région parisienne n'est
vraiment dispensable.
Sonorités 'roots' s'acoquinant volontiers au ragga ou plus encore
au hardcore, secouez le tout, rajoutez
une pincée d'indus et d'esprit freestyle et vous tenez la une
parfaite synthèse de la scène drum'n'bass
française actuelle : c'est frais, original et ça déculotte
!
USUAL SUSPECTS/SOURCE DIRECT "Tokyo/Called" remixes from the
KONDO/BERNOCCHI/LASSWELl "Charged" LP (Apollo 041)
Deux remixes drum'n'bass
de morceaux issus de l'album jazzy-dub extrêmement soyeux des
jazzmen Toshinori KONDO,
Eraldo BERNOCCHI et du traveller Bill LASWELL, réputé
pour ses collaborations fréquentes à des projets dub
(B.L. meets Style Scott Inna), drum'n'bass (Oscillations) ou plus expérimentales
avec
N.J. BULLEN (du groupe 'Scorn'). Inutile, notamment pour le remix de
Usual Suspects, de rechercher l'esprit
originel de 'Charged' car dans le cas présent, le terme remix
correspond seulement a un sample tiré des 10 premières
secondes de 'Tokyo', le reste du morceau étant une oeuvre original
a part entière, au groove chaleureux,
à la ligne de basse entêtante. 'Called' remixé par
Source Direct (aka Sounds of life aka Hokusai) se rapproche
(légèrement) plus de l'original grâce à une
ambiance plus 'jazzy' surtout due au maintient de la trompette
de la version originale. En bref, deux morceaux qui ne brillent pas
par leur originalité mais néanmoins très
attachants.
CURRENT VALUE "In a far future" (Position Chrome 048)
Si à l'écoute
de cet album (et contrairement a son titre) on se dit que le futur n'est
pas si lointain, on est,
en revanche, assez loin de l'esprit drum'n'bass édicté
par les godfathers anglais, le label allemand
Position Chrome ayant depuis toujours privilégié les sonorités
breakbeat non-formatées d'artistes tels que
Panacéa, Heinrich at heart ou les ci-présents Current
Value. Du beat hypnotique de 'Circular Modus'
au groove stellaire de l'eponyme 'In a Far Future' on traverse cet album
drum'n'bass futuriste comme on
traverserait une galaxie : collé au siège par ses breakbeats
venus d'ailleurs, envahi par ses nappes
intergalactiques. Génial !
PANACEA "Disorder and gen vol 1&2" (Position chrome 052)
On ne chôme
pas outre Rhin, puisque pas moins de 4 vynils séparés
en 2 ep's composent le 52ème rejeton du prolifique label
allemand Position Chrome. Panacea aux commandes nous livre ici un ensemble
cohérent de morceaux orientés hardstep-darkstep
à la puissance de feu dévastatrice. Beats puissants assortis
de sonorités torturées en tous genres, apparitions sporadiques
de
sons trance-rave façon 'KLF', on sera surtout surpris d'entendre
des samples vocaux, conférant à certains morceaux une
ambiance brit-
dance-pop enragée dopée aux amphets, passée a la
moulinette breakbeat-rockabilly. Attention, on reste tout de même
assez loin
du format pop-song adulé par Roni Size-Breakbeat Era et ses suiveurs.
Panacéa n'est pas la pour faire de la chansonnette,
mais bien pour vous coller une baffe sur dance-floor à coup de
lobotomie industrielle. Paf, prends ça !
MEM PAMAL "Karma/Hardstep
frequency/Ich bin ordinar" (Sl-puantes 001)
Cocorico ! Encore
une belle réussite made in France, en aucun cas comparable néanmoins
au son hardstep français très en verve ces temps-
ci. On ne sait pas grand chose de MEM PAMAL, electromusicien de la scène
underground, qui semble être originaire de la région de
Valence,
on a pu entendre certaines de ses productions orientées breakbeat/tribe
sur le/son(?) label Fantomatik. Comme a son habitude, les atmosphères
son singulières, étranges. On se retrouve vite charmé
par le breakbeat raffiné de 'karma' à la voix orientale
lancinante, sa ligne de basse
chaleureuse ne cessant que pour laisser place à un passage celtique
(!) que ne renierait certes pas le folklore breton. Curieux tout ça,
non ?
Ich bin ordinar quant à lui séduit par son aspect electro-breakbeat
minimaliste. Rien à dire en revanche sur 'hardstep frequency',
morceau
tribe/hardtechno de qualité moindre n'ayant rien à voir
avec les 2 breakbeats précités. PAMAL du tout !
X86-001=>009
Neuvième
sortie déjà pour ce label drum'n'bass français
(10eme en cours). Point de choses trop bigarrées sur X86, mais
une série de bons maxis
généralement orientés hardstep, au son rêche
tel que la scène breakbeat française nous à habitués
à entendre. On retrouve sur ce label des
artistes plus ou moins connus tels que Sree (007), Sree&Bridge/Motif
R (005), Beat Council&Fla (004, 008, 009), Pushy! (003). A l'écoute,
notamment, des deux derniers opus (008,009) on se dit que le son drum'n'bass
français n'a pas de complexe a nourrire vis à vis de la
Perfide Albion, tant les morceaux posent une sonorité atypique,
péchue, puissante mais non dénuée de groove. Car
c'est bien sur ces ingrédients la
que se développe la spécificité hexagonale. Keep
the groove, keep the power!
Perce-Oreille 018 par Pushy!
On connait déja
Pushy! (anciens du groupe folk/rock 'Les VRP') de par leurs nombreuses
productions breakbeat/breakcore sorties sur de multiples
labels (x86, hbr...) ainsi que le leur (pushy). C'est désormais
au tour du Perce-oreille (compile de maxis disponible en cd), subdivision
d'Expressillon
et frère de sang du 'Passe-muraille', d'accueillir les expérimentations
breakbeat de ces 2 visionnaires. On retrouve chez Pushy!, a l'instar
de MEM
PAMAL, le même penchant pour les atmosphères étranges
et envoûtantes. Le P.O. 018 ne déroge pas a cette règle,
pour exemple, l'ambiance 'thriller'
inquiétante du darkstep 'Martin DECE meets the past', ou encore
les influences orientales/tribales de 'Muslim events' ou 'Symptomatic
train'. A
conseiller vivement a ceux qui veulent changer d'air, fuir la monotonie...
CHRIS SU "Angel/Timewarp"
(MFRP005)
Nouvelle collaboration
entre les labels Music4Ever(UK) et Subscope(Hongrie) pour un défrichage
de la scène drum'n'bass est-européenne. Ah bon, ça
existe
la drum'n'bass en Hongrie ? Bah oui, et pas n'importe comment ma p'tite
dame. On est d'emblée frappés par la qualité de
production irréprochable de ces deux bombes hardstep aux atmosphères
aériennes très subtiles. D'entrée de jeu on est
bluffé par l'intro faussement
jazzy de 'Angel' laissant place à une déferlante hardstep,
pouvant être à la fois très efficace sur dancefloor
et très audible chez soi. Timewarp, dont
l'entrée en matière serait la parfaite bande son d'un
scénario post-cataclysmique, nous terrasse par sa puissance tout
en nous rétamant le cerveau de
sa boucle acid distordue oppressante. C'est magnifique! Et hop, on se
le réécoute tellement on y croit pas !
MENTAL ACTION DIRECT "Roots
of future/Excit U mind/Babylone's fuckers" (MAD02)
Première
surprise en observant ce vynil, M.A.D (label/collectif a géométrie
variable) nous viens de L'isle sur le doubs (ou ça??), petite
bourgade
de Franche-Comté (comme quoi, on y démoule pas que des
clackos). Sur les trois morceaux présents, l'un retiendra particulièrement
notre attention
de junglist en quête de sonorité groovy/dubisante. En effet,
'Roots of future' mêle allègrement hip-hop, jungle oldschool
et dub. Ces influences
amènent un groove indéniable, qui pourrait être
né d'une rencontre fumante entre Londres et Kingston, ce qui
constitue bel et bien un 'o.m.n.i' au
milieu de la scène jungle actuelle, majoritairement 'dark' et
'technoïsante'. Les deux autres morceaux, aux métissages
rap/techno/tribe/dub (rien que ça!)
ne manqueront pas d'éveiller l'attention des moins sectaires,
tant l'originalité et la qualité sont au rendez-vous.
PROJET2501/MOFUCAGE "Free
form of life EP'
Etrange galette
venue du fin fond de l'espace, 'Free form of life'
semble bien être la preuve que d'autres formes de vies existent
ailleurs que sur notre belle bleue. Les signaux retransmis par le
sillon de cette 'soucoupe tournante' sont visiblement le manifeste
d'une mutation génétique entamée il y a quelques
milliers d'années
de cela. Ces breakbeats genetiquement modifiés, semblent provenir
d'un
mariage consanguin entre drum'n'bass atteinte du syndrome Kreutzfeld
Jacob
et hip hop élevé aux hormones, le tout parsemé
de parasites
industriels interstellaires. Amateurs de drum'n'bass terrienne formatée,
s'abstenir. Vous risqueriez de ne pas comprendre ce message échappé
d'une
Planète ou la musique semble plus libre. Apres l'avoir décrypté,
sauras tu 'te souvenir du nom de ta mère ?'
PIRUH 001/002/003
Petite rétrospective
sur les trois volumes de ce trop méconnu label
néerlandais(!), 'PIRUH', basé à Rotterdam. Les
bataves de Black Sun Empire ouvrent le bal sur
le 001 (mais sont également auteurs du 003), avec des sonorités
orientées hardstep, mais
réussissant l'exploit de ne pas sombrer dans le conformisme estampillé
UK, très en verve
actuellement. Moins original, mais très intéressant tout
de même, le PIRUH 002 par Eye D et
Tekken est une bombe au sens dancefloor du terme, atmosphères
et sonorités atypique étant
néanmoins préservées. Certainement le meilleur
des trois. Le volume 3, a contre-courant de la
tendance est moins énervé que les deux précédents,
ce qui ne nuit pas foncièrement a sa
qualité. En résumé, si vous tombez sur l'une de
ces perles, n'hésitez pas !
SPICY BOX vs INFRABASS&MALCOM
X "The price of freedom"
*Oldies but goodies*
! Ce disque sorti (très) confidentiellement il y a bientôt
2 ans de ça,
mérite qu'on s'y attarde. Pour l'occasion, les rockeux tourangeaux
de Spicy box, qui de part le
passé ont toujours affirmé leurs accointances pour l'électronique
et/ou le hip-hop, s'adjoignent
les services d'Infrabass et de Malcom X (une face chacun), pour un résultat
dépassant toute
espérance. Petit coup de cur pour la face Spicy box vs
Malcom X, son intro hip-hop cédant la
place à une petite mélodie au piano, donnant un aspect
décalé et délicieusement nostalgique
à ce morceau a l'orientation franchement hardstep. Reconnaissable
a la première note, ce disque
est une merveille, merci !
SAYAG JAZZ MACHINE "Testepressing"
(La Mixerie)
Premier long format
pour ce collectif habitué des scènes françaises,
dont le résultat pourrait
s'apparenter aux excellents UHT ou a Eric Truffaz. Cette comparaison
est confortée par la richesse
de son instrumentation 'live'. Les boucles jungles quasi omniprésentes
sont agrémentées d'une
section de cuivres et autres instruments organiques tels que contrebasse,
flûte, violon alto,
etc...L'orgue hammond conférant quand a lui une touche délicieusement
bluesy a certains tracks.
Touche bluesy également présente sur 'Banana Georges',
grâce, notamment, au sample de 'My man'
(Sarah Vaughan) dont le timbre vocal n'est pas sans rappeler celui de
Shirley Bassey.
Mention spéciale pour le reggae speedé coupé au
bal musette de 'Nattred'
(peut on employer l'appellation 'ska' ?), et le très balearique
'Amigo'. Au final, on tient la
un album très attachant et riche. On les attend de pied ferme
sur scène, ou se révèle sans doute
toute l'ampleur de leur talent. Chaudement recommandé aux amateurs
de sonorités jazzy.
TWINTONE "The world
domination enterprises" (Position Chrome)
Deuxième
album du teuton Twintone (aka Volker Thief-Francfort), sur le désormais
renommé label (teuton également)
Position Chrome, initié par Panacea. A la surprise générale,
l'album commence gentillet, mais
on est vite rassuré à l'arrivée du gros son oldschool
rave si cher a Panacea
(il s'est partiellement occupé de la production de cet album).
On reste toutefois assez éloigné
des dernières productions tabasse/mange-ça de ce dernier.
En effet,'The world domination enterprises'
sonne plutôt groovy, ce qui semble être une première
sur ce label généralement orienté 'dark/indus'.
Pas de (mauvaise) surprise donc sur cet opus, les morceaux jungle/drum'n'bass
se succèdent dans
une cohérence a consonance british (on pense immédiatement
a RAM ou autre Future Cut...).
Très accessible, orienté dancefloor, ce disque devrait
sans aucun doute plaire au DJ's et,
on l'espère, a leur public.
POLAR "Still moving"
(Certificate18)
Premier long format
du jeune prodige norvégien (22 ans) Polar (aka Kjetil Dale Sagstaad).
On est
d'emblée frappé par la maturité de cet album fusionnant
différentes tendances breakbeat telles
que drum'n'bass, electro, hip-hop. Les sonorités aériennes
et épurées, présentes tout au long de
cet album, rappellent inéluctablement les travaux de Klute (sur
Certificate18 notamment) ou encore l'indémodable
"Sawtooth" de Jonny L. De ce fait, "Still moving"
est donc naturellement destiné à une écoute
domestique et ne développe aucune prétention au dancefloor.
Sa parution sur Certificate18
colle parfaitement avec la politique sonore du label, où la connotation
spatiale et aérienne
n'est jamais bien loin. Recommandé aux ambianceurs, animateurs
de chill out ou autres touristes
intergalactiques. Dans les bacs à partir du 5 novembre 2001.
RIMSHOT "Didn't expect
your visit/Outside" (FAT001)
Yeepee ! Un de plus
! Je parle bien évidemment de la naissance d'un nouveau label
Made In France,
en l'occurrence ici, FAT, nouvelle subdivision d'Ozore Age. Pour cette
première sortie, c'est
Rimshot (moitié d'Interlope) qui s'y colle. Minimalisme et bleeps
en tous genres
sont au rendez-vous sur 'Outside', où la basse très orientée
"horror movie" donne un équilibre
parfait entre puissance et finesse. "Didn't expect your visit"
se caractérise quant à lui par son riff
guitaristique wahwah très rock'n'roll, amen break de rigueur,
et comme sur 'Outside', bleeps
égarés (volontairement) en recherche de cerveau docile
à lobotomiser. En somme, du tout bon,
espérons que la suite sera de même augure. Des à
présent dans toutes les bonnes crémeries, check it !
QUOIT "Missing/device" (Mirex004)
Petit dernier du
label (américain?) Mirex (volumes 5 et 6 en préparation),
dont la première particularité réside dans le format
de ses vynils, à chaque fois de petits
45tours, au tirage limité à 500ex. La deuxième,
dans le choix intelligent de ses artistes,
puisqu'on y croise, entre autres, Somatic Responses ou encore Rich Kid
(aka Panacea) pour un
breakcore/ragga/dub dejanté (respectivement 001 et 002).
Sous le pseudonyme incongru de 'Quoit', se cache en réalité
Mick Harris, plus connu pour son projet hip-hop industriel dark 'Scorn'.
Ceux qui connaissent
ou se souviennent de son album paru sur Subrosa, 'Shortcut to connect',
ne devraient
pas être trop surpris par cette galette. Si le ton s'est un tant
soit peu durci, le grain
sonore si particulier à Mick Harris est préservé.
Une face, jungle au beat très syncopé et
psychotique, l'autre, au gimmick drum&bass récurrent, le
tout légèrement barré, mais point
trop, devraient séduire un large auditoire.
[I:GOR] "Depresja E.P."
(RRR05)
Le froid rêche
du climat continental de la Pologne a envahi cet E.P. a la provenance
surprenante.
Le morceau éponyme ouvre le bal, glacial, par sa nappe de brume
revelant progressivement sa syncope
sidérurgique. (Vous avez dit Hecate ? On en est pas loin...)
Le temps est donné, point de soleil, pas plus de chaleur, sur
ce disque inquiétant.
La suite, avec 'End of days', sublime trip-hop frigorifié nous
le confirme. On retourne le rond
de plastique, le chef de machines accélère la cadence,
la chaîne s'emballe,
'Do you think it's over?' nous assene son breakcore bigarré,
hypothetique progeniture
d'Aphex twin et d'Addict. L'heure de la pause ? Sûrement pas !
Le hardcore speedé de 'Dysonans'
nous rappelle qu'on est pas la pour flemmarder au chaud dans ses pantoufles.
Mais d'où viennent
ces petites mélodies vicelardes dont le seul but est de nous
préparer psychologiquement à la
déferlante métallurgique qui leur succède ? ...Froidement
recommandé.
MDB&VDZ BREAK "Fuck
L.663" (CD only)
Récemment,
le liberticide amendement Mariani, intégré dans le fourre-tout
LSQ
(loi sur la sécurité quotidienne) a suscité de
vives réactions au sein de la créative scène
'free'. L'album ci-présent en est la manifestation musicale.
Les propos amers tenus par le
MC ainsi que d'équivoques extraits médiatiques ne laissent
pas l'ombre d'un doute sur l'aspect
politique et réactionnaire de ce billet d'humeur sonore. Les
breakbeat incisifs et hargneux
orchestrés par MangeDelaBass et VDZ BREAK suintent la colère,
revendiquent la liberté,
interrogent sur le devenir de cette entité aux idéaux
fort louables. Le hip-hop anarchiste y
côtoie la jungle haineuse, l'electro écuré
le phrasé sans vergogne. La puissante sono
posée dans un champ nous réserve toutefois quelques passages
plus reposants, le temps d'aller
boire une canette a 10f, ou d'aider le sound-system, fatigué
par des heures de fête intensive, à
faire le plein de super de son groupe... Punk is not dead.
COCHEES LIVE ACT "Black
soul/Reve/Pas/Groove" (Mars assault 008)
Mars assault est
un petit label underground français. Depuis 1998 s'y sont succédées
près
d'une vingtaine de sorties (mars assault, mars assault ltd ou encore
mars exist). Défricheur
de la scène alternative et free, le maître de maison (Ultramars)
nous surprend ici en nous
proposant un opus d'une fraîcheur revigorante, appuyé d'une
production irréprochable.
Cochees live act, français exilé 5 années durant
a l'île de la Réunion, en a ramené la fraîcheur
de sa brise, la chaleur de son climat exotique. 'Black soul' (au nom
évocateur), son gimmick
funky et sa basse jazzy, assaisonnés d'une rythmique ebourrifée,
nous emmènent loin de
l'urbanisme métropolitain étouffant que la majorité
d'entre nous subissent au quotidien. Sur l'autre face,
les morceaux 'Pas' et 'Groove', au funk toujours récurrent, sont
quant a eux le symbole d'une
renaissance jungle où free-jazz, funk et soul cohabitent avec
intelligence et originalité
(qualité se faisant rare ces jours-ci), sans pour autant dénigrer
une certaine efficacité
sur le dance-floor. Mélomanes et open-minded, n'hésitez
pas a vous ruer sur les autres productions
de ce label aux orientations multiples mais toujours de qualité.
UNDERPRESSURE 001=>004
Les détracteurs
d'un certain pessimisme à l'égard de la production drum&bass
hexagonale se raviseront
peut être à l'écoute de le l'un ou l'autre volet
de ce label parisien, dont les instigateurs
ne sont autre que Soper et Anakyne, également a l'origine, sur
Paris, des soirées éponymes. Tout d'abord,
big up aux pochettes, au graphisme très réussi, mais,
trêve de digressions oiseuses, passons à l'essentiel,
ce qui nous anime, le son ! Le premier opus met d'entrée de jeu
la pression, avec 2 remix du
titre 'Justice time', à l'origine paru sur Vendôme. Digithugz
(Sree&Soper) et Kraken
(les grands britons Stakka&Skynet) s'y collent, transcendant et
élevant au rang de classique
un titre a l'intérêt jusque la discutable. A l'electroide
et plutôt minimaliste version de Digithugz,
on préfèrera sans doute celle revisitée par Kraken,
plus dark. La deuxième sortie, par DJ Skinny,
sonne également très electro, 2 tracks honnêtes
et dépouillés, néanmoins le plus dispensable
des 4. La qualité est maintenue sur les 003 et 004, Deoda&Basscore
ainsi que DJ Friction (pour
un remix d'un titre à Deoda) livrent le troisième volet,
pour deux compositions très énergiques.
'Bass-sine' et ses boucles filtrées (qui ne sont pas sans rappeler
une certaine DJ Spice sur B2B...)
nous entête (et nous lache plus) avec sa basse synthé eighties
omniprésente. En face B, 'Acid' (Dj friction rmx),
se veut une émule Ram trilogienne, plutôt réussie
dans le genre. Anakyne&Soper signent la dernière sortie
en date du label, bravo pour le délicieux et raffiné 'Rumours',
surclassant le funk sombre
de 'Blackmail'. Vous ne possédez toujours aucune de ces incontournables
galettes ?
Qu'attendez-vous ? A signaler que les volumes 5 et 6 seront dans les
bacs, respectivement en avril
et juin. Vous savez ce qu'il vous reste à faire...
SOPER "Indelebile pain"
(CD MIX)
Cette compilation
mixée porte bien son nom, en effet, "Indelebile pain"
laissera sans aucun
doute des traces sur son passage. Non contente de nous proposer un track
listing 100% français,
elle inclut en outre bon nombre d'inédits et de dubplates prévisionnelles
à paraître sur
Underpressure ou Woody Stuff (l'une des nombreuses subdivisions d'UWe).
Globalement, Deoda,
Earsut, Soper, La cible mouvante (aka Ben&Volta), Otis, j'en oublie,
se partagent un gâteau
rondement cuisiné par Soper pour un résultat tout en finesse,
aussi sucré qu'acide. Une bonne
tranche de drum&bass pour ceux ne connaissant pas cette émergence
hexagonale, habituellement
plus accessible en vynil.
DJ RUPTURE "Rumbo babylon/Descarriada"
(Broklyn beats)
Bostonien d'origine,
la musique de DJ Rupture laisse fréquemment planer un doute sur
ses hypothétiques racines ibériques ou nord-africaines.
C'est d'ailleurs dans la
capitale catalane que ce dernier a élu domicile (le QG de son
label 'Soot' se trouvant quant à
lui à Madrid). Dans ce cadre méditerranéen, il
puise généralement son inspiration, que l'on
retrouve tout au long de ses productions, notamment sur le titre 'Rumbo
babylon', échantillon
reggae parkinsonien copulant avec un rif hispanique, soutenu par un
beat dancehall dépouillé, si
cher à notre ami. 'Descarriada' séduira les amateurs de
breaks déstructurés, façon jungle passée
au hachoir lysergique. Je ne saurais vous déconseiller les autres
45 tours de cette série du
label New-Yorkais 'Broklyn beats' (Rotator, Doily, etc...), tous aussi
géniaux et barrés les uns
que les autres, dans un registre allant du dub poisseux au breakcore
iconoclaste.
INTERLOPE "Talk to the
beat" (Jarring effects)
Leur parcours parsemé
de plusieurs maxis, sortis entre autres sur FAT, RANDOM, ou encore
JARRING EFFECTS (avec l'excellent 'Live battle', également présent
sur l'album en version raccourcie sous le nom d'Abstract),
c'est désormais au long format que s'attaque la paire Dragongaz&Rimshot
a.k.a. Interlope. Album résolument
ouvert et breakbeat, la dominante drum&bass saupoudrée d'allusions
hip-hop et electro,
bénéficie ici d'une production irréprochable. La
syncope des rythmes le disputant à une certaine
efficacité dancefloor, on pourra toutefois émettre quelques
réserves
quant a l'utilisation facile et flagrante de certains samples (on pense
notamment au trop évident
extrait de l'anthem 'Metropolis' d'Adam F, déjà réutilisé
sur 'Metrosound'). Ces petites séquences
éparses maquillant par moments un léger manque d'inspiration,
ce premier essai, fort bien
ficelé reste tout de même une belle réussite et
fera sans doute référence dans le petit cosme breakbeat
hexagonal. Le breakdance du troisième millénaire est arrivé,
H.I.P. ? A choper c'est sur !
Dans les bacs depuis le 4 juin.
DJ K! "Krumble style"
(Jungle therapy 001)
Pour nous sortir
de la torpeur estivale, Dj Krumble, sur le label Jungle Therapy (initié
par Toonz du Toonzshop)
apporte un vent de fraîcheur, telle une brise océanique
au milieu de l'étouffante
linéarité généralement prodiguée
par nos voisins grands-bretons. Le poitevin exilé à Rennes
affiche sans complexe une créativité et une candeur un
peu oubliée en ces temps de brumes
technoïdes et dark dont le seul phare visible semble constitué
d'innombrables reprises de
charts eurodance. Au final sur l'étal, point de marchandise frelatée
ou avariée, l'achalandage
ici proposé oscille entre breaks cinglants et rondeurs de sub-basses.
Efficacité, groove et syncope
des rythmes sont les seuls maîtres à bord d'un navire dont
le but est de nous faire chavirer
aux sons du 'Krumble style'. Une embarcation qui naviguera sans difficulté
au milieu
des avis de tempêtes annoncés outre manche. Disponible
depuis quelques temps dans toutes les bonnes
poissonneries...en attendant de nouveaux périples du K, annoncés
pour le dernier
trimestre 2002. "Qu'est ce que tu attends ? Augmente ta vitesse
!". http://www.toonzshop.com
PROJET2501 "Singularity/Kingston
drag dub" (Mirex 010)
Vous souvenez-vous
de Projet 2501, ces étranges extra-terrestres qui
nous avaient, à l'époque, gratifiés du non moins
étrange "Free form of life EP" ?
Ces derniers ont, semble t'il, rétabli le contact radio, en vue
de nous faire part
de leurs dernières créations, toutes deux inspirées
par le long voyage cosmique
du quel ils ne sont, d'ailleurs, toujours pas revenus...
'Singularity'-la-bien-nommée, nous rapporte leur rencontre avec
un quasar et du rayonnement fascinant
de ses breaks. De leur drum'n'bass (si on peut l'appeler ainsi) émane
toujours le
même mystère cosmique, teinté de déformations
parasitaires de voix terrestre (provenant
certainement de messages radio interceptés). Leur périple,
toutefois, s'emplit de nostalgie
terrienne - vieux souvenirs d'un probable séjour en Jamaïque
- sur 'Kingston drag dub', résultante
d'un croisement entre dub aérien et breakbeats mutants. Signalons
qu'il s'agit du dixième opus
(déjà) pour ce label a l'éclectisme singulier mais
toujours de qualité (cf. chronique du Quoit/Mirex003).
O.v.n.i. dans les bacs de puis le 20 septembre. http://www.projet2501.net
http://www.c10cl12.com
PUSHY! "Freeform"
(CDLP/Furtif rec. 001)
Plus de cinq années
déjà que Pushy! défriche à bras le "core"
les terres experi-mentales du breakbeat.
Au parcours musical irréprochable, ponctué de quelques
petites merveilles 12" (on se souviendra notamment
du 'Lavage invasion' ou encore du split Pushy!/Mouse Clinic), le "kid
de belleville" (l'autre!)
vient ajouter ce premier long format audacieux a une discographie déjà
fort honorable..
Si l'expérimentation sonore est toujours au rendez-vous, Pushy!
délaisse les dancefloors saccadés au profit
d'une écoute plus domestique. Toutefois, on y décèle
toujours la touche organique et débridée propre a ses
productions. Oscillant entre electro dérangée et drum'n'bass
parkinsonienne, cet opus au caractère très personnel,
séduira sans nul doute les aficionados d'une musique affranchie
de toute contrainte de format. Une heureuse surprise en provenance du
label Furtif, dont c'est la première sortie. Disponible en cd,
à partir du 8 janvier.
FOGOTTEN FISH MEMORY ORCHESTRA
" Our tin tribe " (tool02)
Quelque part entre
Slovaquie et Chine, l'épicentre musical caucasien de cet essai,
aux couleurs tziganes teintées d'orientalisme, ne manque pas
de nous rappeler
certaines ambiances kusturiciennes. Atmosphères intemporelles
des mille et une nuits
aux entrelacs d'une tradition acoustique chargée de mélancolie
bohémienne - où parfois la
liesse populaire l'emporte - " Our tin tribe " se veut l'Orient
express virtuel d'un voyage
calfeutré. Les instruments - cyclothymiques - à tour de
rôle pleurent ou rient. Pour notre plus
grand bonheur. Si l'électronique par moments se manifeste, tel
le filin imperceptible d'un
funambule, c'est uniquement pour transcender avec tact ce magma sonore
eurasien, en affichant
au final, un résultat d'une beauté diaphane inespérée.
Un disque attachant dont aucun être
sensible ne saurait se passer.
X-Gamer " The game is
over E.P. " (UPR001)
Après avoir
fait saigner les murs des salles strasbourgeoises, c'est désormais
par le biais du format favori des dj's qu'Underground Perversions, le
label de l'association éponyme, vient meurtrir nos oreilles.
Pour cette première sortie, c'est le graphiste émérite
et électro-musicien X-Gamer qui signe ici les 5 morceaux, parfaite
illustration de son univers gameboy mutant, ludique et fantasque. Tendance
Beastie Boys du 3ème millénaire, sous fond de hardcore
qui fleure bon la friche industrielle sur " Insert coin ",
c'est surtout le hip-hop ogm d' " Outlaw " et le groove futuriste
de " Cyborgdelachimie " qui révèle les réelles
accointances, scorniennes (pour ne pas citer Techno Animal), du talentueux
alsacien. Dans le domaine du comparatif, si " Megablitz "
rappelle immanquablement a notre bon souvenir le " Magick of female
ejaculation " d'Hecate, on lui préfèrera sans doute
le kick incisif de " Poison everywhere ". Je pense que vous
l'aurez compris, on est pas la pour rigoler. Tandis que l' " Insect
bots foundation research" fait la manche et les machines a sous
quémandent au détour des entrepôts, on attend impatiemment
la prochaine torture cérébrale de ce label prometteur.
Leekid.